Article du magazine madame.ca

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Message  Maudou le Jeu 12 Juil 2007 - 15:10

De la part d'écureuil, merci à toi Wink

Touchante Isabelle Boulay

Elle chante seulement les mots qui lui collent à la peau. Et lorsqu'elle parle, elle le fait sans précipitation, à la recherche de sa vérité vraie. Une vérité qui lui a commandé de passer plusieurs mois en coulisse, puis d'en sortir... pour notre plus grand bonheur.

L'album Tout un jour marque le grand retour d'Isabelle Boulay après un an et demi d'absence. Et s'est enclenchée ensuite une immense tournée au Québec et en France. La chanteuse ne cache pas sa joie de retrouver le public d'ici, qui l'a couronnée d'un Félix même pendant sa retraite. Une manifestation de reconnaissance qui l'a bouleversée et qu'elle n'oubliera jamais.

Mais lorsqu'on rencontre Isabelle Boulay, ce n'est pas tant ce dont elle parle qui touche que la façon dont elle le fait, que l'authenticité pure qui émane de ses réflexions. Et plus la confiance s'installe, plus elle est émouvante. Plus ses mots viennent de loin.

L'âme des objets
La chanteuse me reçoit à son «atelier». Une maison hors de sa maison («Il n'y a qu'un cercle très intime qui a accès chez moi»), un espace de création strictement réservé à ses rencontres professionnelles, à ses proches («Mon neveu et ma nièce s'amusent beaucoup ici»), à quelques journalistes. En le visitant, on comprend ce qui la pousse à préserver jalousement certains lieux de sa vie. C'est qu'elle s'y projette, s'y livre entièrement.

Parce que cet atelier, c'est elle. Chacun des meubles dévoile des pans de son histoire, privée ou publique. Tous les objets ont une âme et leur présence a un sens. On entre d'abord dans une symphonie de couleurs. Du vert, de l'orange, du rouge, des tons de terre, des touches de jaune. Toutes sont source de chaleur et s'entendent entre elles. Beaucoup de bois, du velours. Un piano.

«J'ai décoré cet endroit de tous les meubles dont je n'ai jamais pu me départir. Ceux de ma vie d'avant.» Deux grandes tables. «Un ami me les avait vendues. J'avais travaillé tellement fort pour me les offrir! Je lui versais 100 $ par mois.» Une toute petite table. «Je passais régulièrement devant un antiquaire de la rue Notre-Dame et j'en rêvais, j'en rêvais! J'ai fini par entrer dans la boutique...» Le canapé de velours vert? Voile fugace sur son regard bleu. «C'est ce que j'ai acheté avec l'héritage de mon père. Il m'a suivie dans tous mes périples... Je vais le garder toute ma vie.»

Il y a aussi une sélection d'animaux en peluche que lui envoient ses fans. En fait, surtout des gorilles et des singes, elle les adore. Et elle sait exactement de qui ils proviennent. Sans oublier les tableaux aux murs, dont un cadeau d'un homme qu'elle a aimé et un autre, d'une de ses amies les plus intimes.

Une amie «que je ne remercierai jamais assez»: c'est elle qui lui a présenté son amoureux actuel. Celui-là, il la rassure, c'est clair. Jamais, j'en jurerais, Isabelle Boulay n'a été aussi sereine. Pendant un an, inlassablement, l'amie lui parlait de cet homme et l'encourageait à lui faire signe. À ce stade de sa vie, Isabelle avait décidé qu'elle était très bien seule. Le grand amour, elle l'avait connu à 20 ans et elle appréciait sa chance. «À cet âge, on idéalise l'amour, on entre dans un rapport fusionnel, symbiotique, absolu. Depuis, j'ai eu des histoires d'amour, des passions, mais je devenais désenchantée. Pas en ce sens que je n'y croyais plus. En ce sens que mes histoires ne m'enchantaient pas.» Jusqu'à ce qu'elle se décide à écouter son amie. «J'ai téléphoné à cet homme. Nous sommes allés au restaurant. J'ai tout de suite su que j'avais besoin qu'on me regarde de la façon dont il m'a regardée. Mais avant de l'aimer, j'ai eu pour lui une immense considération. On n'a pas cherché à se séduire. D'ailleurs, je ne crois pas que les rencontres strictement basées sur la séduction puissent durer, parce qu'on ne s'y intéresse qu'à l'enveloppe et non au contenu.

Elle poursuit: «Mon amoureux, je l'ai d'abord trouvé drôle, extrêmement brillant. En le voyant, je l'ai reconnu. Il était déjà là, ancré dans mon coeur. Être seule, maintenant, n'aurait plus le même sens. Quand on rencontre un grand amour, on rencontre aussi la solitude qu'on vient de quitter.»

Dans Tout un jour, Isabelle chante: «Moi la terre m'a changée/En un moment de pierre (...) Moi le temps m'a perdue/Parmi ses ouvrières». Elle choisirait les mêmes mots pour dépeindre sa récente période de retrait. «J'avais besoin de rentrer en moi comme on rentrerait dans le sol, même si j'aime passionnément, profondément, le métier que je fais. Et pour y parvenir, j'ai dû me retirer, m'absenter de tout. En même temps, je vivais une fatigue d'ouvrière... Celle du corps qui ne peut plus fournir. Le désir est encore là, mais la source est tarie, il faut s'abreuver. C'est comme ça pour tout le monde, je pense.»

Alors, la chanteuse a repris racine. Littéralement. Dans un coin de sa Gaspésie natale, elle partait seule sur un cap et se laissait fouetter par le vent. «Pour chasser les fantômes! J'ai vécu les 16 premières années de ma vie au bord de la mer. Ça marque, les éléments dans lesquels on a grandi. J'avais besoin de revoir la mer sauvage et les rochers, de sentir l'air de mon enfance me rentrer dans le corps. Félix chantait: "Pour supporter le difficile et l'inutile, y a l'tour de l'île ". Moi, j'ai la mer démontée»

Parallèlement, elle s'est aussi autorisée de petites pointes de délinquance. «En fait, j'ai vécu mon adolescence pendant cette année-là. J'ai eu à prendre mes responsabilités très tôt. Mes parents étaient plutôt sévères, et j'ai toujours gardé ce sens du devoir qu'ils m'ont inculqué. Mais j'ai découvert aussi à quel point je n'étais pas faite pour les excès. Je ne pourrais vraiment pas vivre comme Édith Piaf! Ou comme Johnny (Hallyday, qui chante en duo avec elle sur son dernier album)! Un soir, j'ai un peu fêté avec lui. J'ai mis deux jours à m'en remettre...»

Édith Piaf sera pour toujours un phare dans sa vie. D'ailleurs, Isabelle Boulay se définit clairement comme une «chanteuse réaliste populaire contemporaine». Elle a dit «populaire» et non «célèbre». Avec elle, le choix des mots est toujours important. «La célébrité peut passer, mais la popularité s'inscrit dans le temps. Personnellement, j'ai toujours été plus attirée par la chaleur des gens que par la lumière des projecteurs. Il y a toutes sortes d'artistes. Sylvain Lelièvre disait qu'il était chanteur, mais qu'il n'avait pas le talent d'être star... Johnny, à mon sens, est à la fois une star et un artiste. Et il est sûr que Ricky Martin et moi ne faisons pas le même métier», ajoute-t-elle, souriante. Ce qui ne l'empêche pas de l'écouter à l'occasion! Ni de s'être fixé des objectifs de taille, comme celui de tenir 40 soirs de suite à l'Olympia. «Même si c'est dans 20 ans. Je ne suis pas pressée. Piaf l'a fait, Johnny aussi. Peu d'artistes sont restés aussi longtemps. Je lisais les lettres qu'avait envoyées Bruno Coquatrix à Piaf, lui demandant de sauver l'Olympia. Elle était épuisée. Elle a quand même donné ses spectacles. L'Olympia de Paris, c'est une scène qu'il faut mériter. Y être accueillie est lourd de sens.»

Une tournée pour se reposer
Pour elle, une tournée, si énorme soit-elle, est synonyme de détente. Ses horaires sont émaillés de rituels qui la calment. Les déplacements, les mises au point techniques, mais aussi la sieste l'après-midi, les séances de lecture. «Je deviens inaccessible aux soucis du quotidien et je peux garder le silence...» Et se faire conduire. Pour cette contemplative, découvrir de nouveaux paysages comme elle le faisait, enfant, à genoux sur la banquette arrière de la Chrysler paternelle, est une source de pur bonheur.

Elle défendra des chansons (oui, à l'Olympia aussi) dont elle parle comme de personnes vivantes, ayant chacune sa personnalité, son énergie et son histoire, signées par des paroliers qui «ont tous une grande expérience de vie » et qui, d'un album à l'autre, connaissent leur interprète de mieux en mieux.

«Pour Tout au bout de nos peines, Didier Golemanas m'a dit: "C'est toi qui m'as donné cette phrase. "J'avais employé cette expression dans une conversation précédente, et il l'a "volée". La chanson de Zachary, Un chanteur sans mélodie, exprime la partie la plus sauvage de moi. Elle parle de ce trou béant dans lequel on tombe au moment où l'on est quitté. On se sent aspiré à l'intérieur de soi. Je sais ton nom, d'Étienne Roda-Gil (légendaire parolier de Julien Clerc), est un texte très dur, sur la tyrannie et le pouvoir, et d'une sensualité très forte: "Fleur du désert/Coeur de néon/Chair de carton/Je sais ton nom".»

Si quelques textes expriment en effet les «moments de sauvagerie, d'âpreté» que la chanteuse porte en elle, il se dégage de l'ensemble une grande quiétude.

L'article provient de l'édition d'octobre 2004 du Magazinz Madame

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Maudou

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Message  carinne le Jeu 12 Juil 2007 - 18:16

Merci! Très bel article! Wink

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Message  Invité le Sam 14 Juil 2007 - 16:59

re coucou;

il est super cette article je suis sure isabelle a de tres bon gouts pour sa maison comme pour ses chansons car ses chansons sont superbes est touchante et je l'adore isabelle.

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Message  isy0906 le Sam 14 Juil 2007 - 22:46

vraiment très beau cette article merci beaucoup
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Re: Article du magazine madame.ca

Message  laure le Dim 15 Juil 2007 - 8:51

Merci, c'était un vrai bonheur de lire un si bel article Smile
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